Notre vision

QUE SONT LES NEUROSCIENCES COGNITIVES DE L’APPRENTISSAGE ?

Les sciences cognitives représentent un ensemble large de disciplines qui traitent de cognition humaine, animale et artificielle. Et plus généralement de tout système complexe de traitement de l’information, permettant d’acquérir, conserver et utiliser des connaissances. Parmi ces disciplines, on trouve en particulier : la psychologie, les neurosciences, la linguistique. Nées dans les années 50, les sciences cognitives forment aujourd’hui un large champ interdisciplinaire, dont les limites font toujours débat.

Tout le travail de notre organisation est focalisé sur l’apprentissage, avec les trois questions clés :

  • Qu’est-ce qu’apprendre ?
  • Qu’apprendre ?
  • Comment apprendre ?

 

POURQUOI NOTRE ORGANISATION S’EST CONSTITUEE ?

Le ressenti, largement partagé par un nombre immense d’acteurs de l’éducation, et des élèves eux-mêmes, que notre système bloque pour plusieurs raisons :

Les modalités pédagogiques ne tiennent pas (ou mal) compte de la réalité du fonctionnement du cerveau qui apprend.

Quelques exemples :

. Mobilise-t-on les systèmes de mémoires conformément à ce que l’on sait d’eux : perception des informations, mécanismes de l’oubli et de la nécessaire consolidation, règles universelles de la mémorisation si mal respectées dans et hors de la classe. Mémoire des stocks acquis de savoirs et savoir-faire, mémoire du présent (de travail), mémoire des procédures qui permettent les résolutions de tâches de plus en plus complexes, mémoire du futur qui complète la planification et sous-tend les objectifs.

. L’inter pénétration entre les processus de compréhension et de mémorisation, sans laquelle la première n’est pas possible.

. L’importance du développement des capacités de l’attention, pour laquelle et faute d’en connaître suffisamment les mécanismes, très peu d’activités lui sont dédiées, hélas.

. L’insuffisante prise en compte de la nature prédictive du cerveau, qui rendent fructueuse la démarche pédagogique de questionnement, à substituer autant qu’il est possible à celle de réception d’information par la transmission.

. Les mérites du travail collaboratif, qui permet de développer les indispensables compétences psychosociales, dont nos élèves sont le plus souvent handicapés, et qui jouent sur la motivation et la qualité de leur représentation d’élèves.

 

L’appropriation encore timide de l’expérimentation et de l’innovation, sans lesquelles les routines professionnelles ne permettent pas de produire une indispensable évolution du système scolaire :

. Cette évolution résulte d’une double dynamique : la mise à l’épreuve de pistes pédagogiques revisitées ou nouvelles, par les enseignants eux-mêmes, en tenant compte de la diversité des élèves, de leur âge, des filières, des modes de direction des établissements (bottom-up), et d’autre part par des modifications de l’organisation générale du système (top-down).

. Le métier d’enseignant devient un métier d’exploration continue, de recherche-action. Exigeant une flexibilité vis-à-vis d’idées qui peuvent déranger mais qui méritent d’être mises à l’épreuve, avec un sens minimum de la méthodologie scientifique : observer, se donner des objectifs et des indicateurs (ce serait génial si…)

. Oser essayer, bafouiller, se tromper, y compris avec les élèves qui eux-mêmes doivent comment apprendre. Remettre ces essais sur le métier et avancer si possible en groupe d’enseignants qui expérimentent. La formation doit se transformer en inter-formation par l’accueil dans les classes de collègues qui ne demandent qu’à découvrir, échanger, s’approprier des démarches nouvelles.

. Mobiliser les équipes d’encadrement (direction et inspection) sans lesquelles les conditions de l’expérimentation et de l’accueil des projets, ainsi que les souffles nouveaux d’ingénierie de la formation ne peuvent se développer.

 

Une nette insuffisance de la connaissance des mécanismes de la cognition par les acteurs de l’apprentissage.

. Combien de neuromythes envahissants, de biais inconscients, de non-savoirs qui engendrent au mieux des maladresses de pratiques (avec toutes les conséquences que l’on imagine pour les élèves), au pire des convictions erronées. Un vaste programme de formationdes adultes s’imposent pour cette nécessaire remise à jour, majoritairement absente de la formation initiale, et insuffisamment portée par les dispositifs de formation continue.

. Les élèves eux-mêmesdoivent être impliqués par la prise de conscience de leur métacognition. C’est aussi cela « apprendre à apprendre » qui est la clé du développement de la motivation, de la construction d’une meilleure image que tout élève s’élabore de lui-même, avec l’implication complice avec les pratiques de l’enseignant. Mais c’est également la clé de l’apprentissage de l’autonomie dans la vie, qui verra de plus en plus déferler des vagues croissantes d’informations à traiter, hiérarchiser, utiliser.

C’est devant ce jeu de constats que notre équipe, qui rappelons-le est constituée à ce jour d’une quarantaine d’enseignants, formateurs, cadres, chercheurs, responsables d’organisations apprenantes, ont décidé de conjuguer leurs compétences professionnelles pour tenter d’avancer.

 

LES ENJEUX SONT IMMENSES

  • Réduire la difficulté et la fracture scolaire,
  • Ainsi que le décrochage, plaie de notre système.
  • Mieux comprendre, y compris biologiquement, les mécanismes de l’apprentissage pour proposer des pistes adaptées et efficaces d’enseignement. Nous sommes au cœur de l’objet des sciences cognitives. Qu’est-ce qu’apprendre ?
  • Permettre aux élèves, qui sont les futurs adultes, de pouvoir entrer le plus pertinemment possible dans le monde de demain, en y trouvant une place et en s’adaptant à son évolution galopante. Qu’apprendre ? et Comment apprendre ?
  • Rendre le métier de l’enseignant plus attractif et motivant. Combien d’enseignants nous disent qu’à la suite de la démarche que nous proposons, leur métier avait changé !

Et pourquoi ne pas rêver qu’un jour, peut-être pas si lointain, les responsables de l’éducation permettront d’adapter les conditions de l’apprentissage à travers :

  • Des programmes accessibles pour tous les élèves,
  • Des possibilités de différenciation pédagogique (arrivée des applications d’intelligence artificielle),
  • Des formations initiales et continues à hauteur de ces enjeux,
  • Une révision de l’organisation temporelle,
  • La possibilité d’aménager les espaces-classes en les adaptant à des pratiques rénovées.

 

NOTRE ETHIQUE

  1. Ne jamais dépasser notre champ d’expertise, à présent concentré sur les domaines de la mémorisation, compréhension, attention, implication active, approche de la métacognition, recours au numérique adapté. Nous n’abordons pas les thématiques des troubles de l’apprentissage, des neurosciences affectives, des émotions.
  2. S’appuyer sur la communauté des chercheurs qui valident scientifiquement nos axes de travail et nos propos. Notre époque dispose actuellement de la maturité et des outils nécessaires pour substituer aux routines ancestrales une méthodologie plus rigoureuse de validation des pratiques.
  3. Etre convaincus que l’apport des neurosciences cognitives relève d’une évolution et non d’une révolution. S’appuyer sur les compétences des enseignants, qui sont de précieuses pépites.
  4. Croire que ce sont les praticiens de terrain qui vont tester, imaginer les pratiques de demain, adaptées à chacun et à chaque contexte d’enseignement.
  5. Avoir confiance dans la nécessaire implication des corps d’encadrement, qui eux-seuls ont la capacité de transformer les apports neuroscientifiques en innovation pédagogique : connaître les enjeux et les limites, accueillir et accompagner les projets, les faire rayonner, mettre en place les conditions favorisantes (équipe, numérisation, organisation du temps et de l’espace, dynamisation des innovations)
  6. Avancer avec détermination sur le socle des connaissances validées, mais prudemment en excluant toute dérive.

 

NOTRE ACTION (cf. Missions et organisation)

. Informer massivement les professionnels de l’enseignement des connaissances avérées sur le fonctionnement du cerveau. Mais également les apprenants eux-mêmes.

. Développer les expérimentations à travers les cogni’classes, collecter les mesures et les effets.

. Contribuer à l’osmose entre le monde de la recherche fondamentale sur les processus de l’apprentissage et les expérimentations sur le terrain.

. Mettre en place une stratégie de déploiement, en étant à l’initiative de formations de formateurs, en accord avec les responsables de l’Education nationale.

. Travailler en réseau et en complémentarité avec des organisations fondées sur ces mêmes valeurs (ATOLE, LearningLabs, Grene-Monde, LaPsyDé, etc.)

. Faire passer l’idée des bénéfices de l’établissement-apprenant.

 

Equipe Apprendre et Former avec les sciences cognitives