Projet audacieux pour la classe: chasser les neuromythes

Projet audacieux pour la classe: chasser les neuromythes

 

Que celle de la plasticité cérébrale des élèves, dont les enseignants sont en partie responsables, pour la traiter à la légère !

Nous attirons l’attention sur 3 points :

  • Concentrer l’application des sciences cognitives aux seuls champs pour lesquels le consensus de la communauté scientifique est large et solide. C’est par exemple le cas du fonctionnement des mémoires pour lesquels des milliers d’études ont été réalisées par les meilleurs spécialistes depuis des décennies. Ne pas s’aventurer aveuglément dans des domaines où la connaissance est encore fragile.
  • Etre exigeant sur la rigueur des connaissances manipulées. S’informer, confirmer, corréler. Ne pas utiliser ou véhiculer des connaissances non fondées, voire erronées : les neuromythes !
  • Etre convaincu de la modestie, mais de la force des apports des sciences cognitives. Il ne s’agit ni de miracles, ni de panacée, ni de révolution. La nature humaine et le cerveau sont trop complexes pour cela. Mais le changement devient irréversible, il n’est plus raisonnable de « marcher à côté de la nature » !

 

Un périmètre d’intervention limité et raisonnable

Les sciences cognitives de l’apprentissage sont jeunes. Tout en étant l’objet d’un champ de recherche considérable et en fort développement. Certains domaines sont déjà anciens et ont donné lieu à un nombre considérable de résultats convergents et de publications. C’est le cas des mémoires, sujet premier de nos préoccupations car au centre de toutes les activités scolaires. C’est moins le cas des capacités attentionnelles dont certains mécanismes commencent à être dévoilés – les modes heuristiques et algorithmiques, l’inhibition, les systèmes d’alerte – et dont l’application en milieu scolaire nécessite encore d’importants travaux complémentaires.

Nous nous appuierons donc sur ce périmètre de données admises par consensus par la communauté internationale des spécialistes, et nous serons prudents pour ce qui concerne maints domaines qui interrogent beaucoup le public, mais restent encore entachés d’incertitude, comme la place des émotions, les dys et autres troublent de l’apprentissage.
S’appuyer sur des connaissances rigoureuses

Sans sombrer dans la peur du démon des neuromythes – ces croyances erronées sur le fonctionnement du cerveau – nous attirons l’attention du lecteur sur la rigueur indispensable des connaissances sur le cerveau, à partir desquelles l’enseignant va s’engager pour améliorer ses pratiques.

Une section spéciale sera consacrée aux rumeurs les plus courantes véhiculées par le collectif, souvent amplifiées par les sirènes médiatiques – le cerveau spectaculaire et contre-intuitif fait vendre -, et qui jaillissent si usuellement chez tout un chacun qui porte un cerveau sur ses épaules ! Soyons exigeants sur la rigueur des connaissances acquises sur le cerveau de l’apprenant, surtout si nous les transformons en modalités pédagogiques. Il serait regrettable de recevoir en boomerang les commentaires justement sévères mettant en doute des pratiques innovantes inadaptées. En revanche, sur le socle confirmé, soyons confiants voire audacieux. Vous pouvez faire confiance au contenu du site largement confirmé par les spécialistes.
Appliquer les sciences cognitives dans l’apprentissage ne relève pas d’une révolution

Si l’application de stratégies et modalités justement pensées et patiemment mises en œuvre apportent d’indéniables améliorations à la fois sur le plan de la performance de l’apprentissage mais également sur le climat de la classe, en revanche il serait outrancier d’affirmer qu’elles révolutionnent l’apprentissage.

Apprendre est si multifactoriel, entremêlant les paramètres individuels, les données psychosociologiques, les contraintes du système, tous les facteurs endogènes et exogènes à la classe, qu’il serait vain de penser que par miracle les dysfonctionnements de tous genres seraient estompés ou gommés. Restons réalistes et non dupes. La machine cognitive de l’humain est trop complexe et résistante pour cela.

En revanche, osez vous aventurer dans l’expérimentation déjà testée ailleurs, le changement de pratique aussi étonnant soit-il a priori, et innovez autant que vous le souhaitez, c’est ainsi que la science avance ! L’enseignant du XXIème siècle est un expérimentateur de ses propres postures pédagogiques et invite ses collègues à avancer sur la base d’éléments crédibles. Dans une autre section intitulée « Un projet neurosciences pour l’Etablissement scolaire », des conseils seront fournis.

Les sciences cognitives offrent un socle ferme et large de possibles. Il est temps – urgent – de s’en emparer pour améliorer, vivifier le système éducatif. Vous en êtes l’une des chevilles ouvrières.

Bon vent !