L’implication active pour mieux apprendre en classe

L’implication active pour mieux apprendre en classe

 

Entre transmissif et implicatif, la solution optimale se situe dans un ratio raisonnable des deux modes.

Pour l’implication active :

  • Le cerveau « producteur » entraîne un apprentissage nettement plus important que le cerveau passif « récepteur »
  • C’est en surmontant le doute et l’erreur que le cerveau, apprend.
  • Parmi les techniques les plus efficaces : les îlots, les groupes d’auto-interrogation, la mémorisation active.

 

Hypothèses

  • Les études en cours tendent à montrer que l’implication active, associée à l’effort, produit des effets positifs sur la mémorisation, la clarification de la pensée et la précision du raisonnement.
  • C’est le mode qui produit l’apprentissage le plus efficace et le plus motivant. Le face à face du professeur avec la classe, bien qu’il soit de solide tradition française, est peu efficace et doit être limité. L’apprenant a besoin d’être confronté directement et le plus souvent possible à des situations actives de résolution, de mise en questionnement, de production, de travail sur l’erreur.
  • Différenciation pédagogique. Pourquoi un même propos serait-il perçu, compris, intégré de la même façon par tous ? Les raisons en sont multiples : acquis mémoriels de référence, capacités attentionnelles, rythme d’acquisition, génétique peut-être. L’implication active est l’une des voies privilégiées de la prise en compte de la différenciation.

 

Axe 1 : Rappel de quelques paramètres de la motivation

  • Apprentissage et paramètres affectifs et émotionnels (au sens large) sont intimement liés. Ce lien est un préalable majeur à l’implication de l’élève, sa motivation et les effets des actes pédagogiques. En dépit du fait qu’il apparaît peu dans ce document. Notre équipe travaille peu dans cette direction, faute de pouvoir à ce jour s’appuyer sur des études rigoureuses et significatives. Nous nous en tiendrons à des rappels très classiques.
  1. La tâche pose un léger défi à relever
  2. La tâche est réalisable par l’apprenant
  3. Le feedback sur le retour de la tâche est rapide, assez près du moment de l’acquisition
  4. L’apprenant est dans un rôle de production
  5. L’apprenant est valorisé pour toute progression relative (et non pour le résultat absolu)
  6. L’apprenant est sécurisé: la difficulté est affrontée, mais l’accompagnement est présent si elle est importante
  7. L’erreur n’est pas à confondre avec l’échec, elle est une opportunité de progrès, voire nécessaire
  8. Le travail en petit groupe, y compris dans la différence avec les autres membres, est un bon stimulateur.
  9. La distance du formateur à l’apprenantest à réguler : la proximité du professeur ne doit être ni trop grande, ni trop courte, au risque de placer l’élève en situation d’inhibition, de relâchement ou de dépendance.

 

Axe 2 : Installer des horizons de sens

  • L’horizon de sens est l’un des arguments majeurs de la motivation, qui permet d’aviver la curiosité, le goût d’apprendre, l’étonnement. Surtout lorsque l’élève enchaîne les disciplines au cours de la journée.
  • Toutes les disciplines s’y prêtent. Ce peut être une question, une énigme, une situation étonnante, un petit problème à résoudre, seul ou en équipe.

 

Comment s’y prendre ?

  1. Interpeler par une anecdote, une énigme, un questionnement.
  2. Par exemple, en mathématiques, s’inspirer des vidéos de Mickaël Launay (sur le net), diplômé de Normale Sup, agrégé, docteur, qui a renoncé au cadre serré de l’Institution scolaire pour se consacrer à la passation du sens. Pédagogue de génie, il sait également transmettre la curiosité des grands mystères, et démontrer que toute connaissance est accessible à tous. On peut montrer que les maths sont présentes partout dans le monde, autour de soi, là où on l’imagine le moins.
  3. A vous de trouver quelques saveurs motivantes des connaissances.

 

Axe 3 : Les îlots

Comment favoriser l’accrochage, empêcher le décrochage, sans oublier de proposer aux élèves en très grande réussite un contenu stimulant ? La réorganisation spatiale de l’espace classe et la conception de séances en îlots, tentent de résoudre en partie de cette équation à laquelle nous nous heurtons trop fréquemment.

On connaît le succès de cette modalité, tant dans le premier degré qu’en formation d’adultes. Qui peut tout à fait s’inscrire avec succès dans l’enseignement secondaire.

  • Développement de l’autonomie de l’élève.
  • Mobilisation des aptitudes à la production: ce ne sont probablement pas les mêmes zones du cerveau qui travaillent en mode « récepteur » et en mode « producteur ».
  • Modalité idéale à mettre en œuvre dans les séances d’AP ou consacrées à l’EPI.
  • La technique des îlots n’est pas exclusive, elle s’insère dans une organisation d’ensemble dans laquelle le mode transmissif conserve sa place.
  • L’organisation en îlots impose une façon différente de travailler: composition des îlots, feuille de route, accompagnement des groupes, type de productions, distribution des rôles, interaction entre les îlots. C’est une modalité exigeante mais qui libère du flux tendu professeur/élèves, dont le résultat n’est jamais garanti.
  • Des outils numériques existent désormais pour réguler le niveau sonore (Class Rules, Bequiet), et de gestion de classe (Class Dojo).
  • Ne pas se décourager par les premières expériences qui peuvent être décourageantes. Il est indispensable de préparer minutieusement les séances. Aidez-vous pour cela d’articles et d’ouvrages qui font référence :

Articles introductifs (Halimatou Besson, Académie de Versailles, groupe de recherche en Lettres, Formatrice Espé) sur le site Neurosciences, pédagogie et numérique :

https://colloque-pedagogie-foyerdecachan.fr/travail-de-groupe-service-de-transmission-savoir-2/

Ouvrage de référence :

Marie Rivoire, « Travailler en îlots bonifiés pour la réussite de tous », éditions Génération 5

 

©Equipe Sciences cognitives, Comment Changer l’Ecole