Gérer le temps de l’acquisition scolaire

Gérer le temps de l’acquisition scolaire

Tout va trop vite dans l’organisation du système scolaire. Le temps nécessaire est rarement accordé à l’élève pour acquérir la compréhension des concepts, retenir correctement les savoirs élémentaires, et s’approprier les méthodes pour mieux les transférer.

En quelque sorte, le temps de l’acquisition imposé à l’élève n’est pas conforme à celui proposé par les sciences cognitives.

Mal gérer le temps, c’est accroître les difficultés de nombreux élèves, amplifier les difficultés jusqu’à créer des fractures.

 

1er axe : Le spaced learning

Le cerveau apprend aussi lorsqu’il est en pause, en sommeil, ou occupé par une autre activité.

  • Les études sont unanimes, l’apprentissage de concepts un peu complexes, la maîtrise de méthodes, sont plus efficaces lorsqu’elles sont réparties en plusieurs séquences espacées par des écarts temporels. Il est plus efficace d’apprendre en 4 fois une heure qu’en une fois 4 heures !
  • Durant les pauses, les périodes de sommeil, les journées consacrées à d’autres activités que l’apprentissage d’une notion ou d’une méthode, le cerveau continue de « travailler ». Il œuvre inconsciemment sur la réflexion amorcée antérieurement.

 

Comment s’y prendre ?

  1. Un chapitre présentant une difficulté particulière, ou une méthode, donnera lieu à un apprentissage en plusieurs séquences séparées dans le temps. Ne pas vouloir à tout prix traiter l’ensemble du chapitre en un bloc.
  2. Les parties (généralement 2) seront séparées de quelques jours voire semaines. Un découpage raisonnable n’est pas aussi incongru qu’il n’y paraît.
  3. Un petit rappel est bénéfique pour la mémoire lors de la deuxième partie.
  4. C’est un peu le principe de la technique spiralaire, mais plus rigoureusement organisée dans le temps.

 

2ème axe : Préparation des contrôles

Vue dans la section « L’évaluation » du présent document.

 

3ème axe : La consolidation mnésique des acquis

 

Hypothèses :

L’oubli des données sémantiques étant un phénomène naturel, doit être compensé par plusieurs reprises expansées dans le temps, selon les courbes générales universellement admises d’Ebbinghaus :

 

La première acquisition exige un important effort personnel. L’extinction est rapide. Le deuxième apprentissage est moins exigeant et persiste plus longtemps. Etc. Après plusieurs réapprentissages de plus en plus espacés, l’acquisition est plus durable.

  • Il n’existe pas de  « loi » arithmétique simple et universelle permettant de savoir combien de réapprentissages sont nécessaires et à quels moments précis il faut les pratiquer. Cela dépend des personnes, des items. Mais le principe reste valable.
  • On admet généralement que la loi d’expansion géométrique : 1, 2, 4, 8, 16 est efficace.

Comment s’y prendre ?

  1. Mettre au point les supports de réapprentissage pour les élèves (Cf. Rubrique AGIR : Outils numériques)
  2. Imposer un calendrier de réapprentissage assorti de multi-testing (cf. Rubrique AGIR : Calendrier de testing)

Remarques

  • Le réapprentissage est compatible avec le déroulement du programme, aux réserves près d’avoir défini le périmètre des essentiels. Nous l’avons vérifié.
  • Les élèves prennent rapidement conscience de l’intérêt et l’envie du réapprentissage, à condition cependant de leur en expliquer les raisons.

Si toutes les conditions de mise en place du réapprentissage ne sont pas installées, les élèves ne le pratiquent pas spontanément. L’illusion étant encore trop forte dans les esprits de tous qu’un apprentissage unique, soutenu et isolé est suffisant pour retenir à terme.