Focus sur les essentiels dans les programmes scolaires

Focus sur les essentiels dans les programmes scolaires

Il est impossible à un cerveau moyen d’élève d’absorber et retenir ce qui lui est demandé.

Deux solutions :

  1. Le professeur traite son programme sans trop se soucier si les élèves ont intégré savoirs et savoir-faire
  2. Il restreint son champ et décide de faire « Moins Mais Mieux »

La restriction des essentiels pour tous n’exclut certainement pas la possibilité pour ceux qui en sont aptes, de travailler des points complémentaires. Il n’y a pas nivellement par le bas. Mais exigence élevée d’un minimum pour tous.

 

Il est expérimentalement démontré qu’un cerveau d’élève ne peut pas retenir à terme ce qu’exigent les programmes. (Cf. Rubrique SE FORMER, Les limites de la mémoire)

Nous proposons ici des solutions

  • Un cerveau moyen d’élève ne peut pas absorber à terme toutes les notions et les méthodes inscrites dans les programmes, en raison :

. De la nécessaire consolidation mnésique pour installer les traces à long terme, vaincre l’oubli et faciliter les rappels. Le temps nécessaire au réapprentissage devient vite incompatible avec le temps disponible de l’élève.

. Des entraînements indispensables pour acquérir les routines et procédures méthodologiques. Qui doivent être nombreux, beaucoup plus que les enseignants ne l’imaginent.

. Des transferts suffisants entre les situations d’apprentissage et les situations réelles. Et des liens indispensables à la compréhension et à l’application à des situations diverses.

Y compris en disposant de logiciels efficaces de réactivation mnésique et d’un calendrier rigoureusement tenu !

  • Une sélection s’avère donc nécessaire sur les essentiels à retenir: quelles notions prioritaires, quelles pratiques souhaite-t-on faire acquérir à terme, selon l’adage le seul raisonnable qui soit « Moins mais mieux ».

Car on pourrait, comme il est fait usuellement, s’affranchir de cet objectif et privilégier le bouclage des programmes. La conséquence est d’accroître très vite la divergence scolaire par une difficulté à comprendre, maîtriser, traiter. Divergence qui ne fait que s’aggraver en montant les strates du cursus scolaire.

  • Choix d’essentiels qui n’exclut pas d’ouvrir aux élèves les plus rapides des savoirs supplémentaires, tous devant pouvoir s’y retrouver, mais il n’est pas raisonnable de laisser au bord de la route ceux qui sont en difficulté, voire d’accepter qu’ils n’atteignent que la petite moyenne requise… D’où la mise en place des techniques pédagogiques de différenciation en fonction du rythme et des spécificités des élèves.

 

Etablir une priorité dans les éléments à faire acquérir

. Fixer une barre d’objectifs que tous les élèves devront maîtriser : notions, définitions, vocabulaire à connaître, appartenant au domaine « sémantique ». Ainsi que des éléments de méthodes. Le professeur ou l’équipe disciplinaire se contraint à dresser la liste précise des notions à retenir dans le temps.

. Sélectionner les essentiels constitue très souvent un « arrache-cœur » pour l’enseignant qui estime que tout est indispensable. Non seulement c’est une vision erronée, mais elle cisaille la possibilité pour les élèves d’acquérir solidement le bagage indispensable pour la suite. A vouloir trop faire, et trop vite, on ne permet pas au cerveau d’acquérir correctement les notions indispensables. C’est une donnée forte des sciences cognitives.

. Ouvrir à ceux qui en sont capables des champs supplémentaires non exigibles pour tous, par des modalités spécifiques : banques complémentaires d’informations et d’activités, etc. A chaque enseignant de proposer des pistes « pour savoir plus », « pour s’entraîner davantage », avec un jeu de valorisations. En fournissant des banques d’activités (il en existe pléthore sur internet), des activités optionnelles.

. On peut classer les éléments en trois catégories :

  • Les fondamentaux à faire acquérir par tous, leur permettant d’aborder les chapitres ultérieurs, les programmes des classes ultérieures.
  • Les éléments non indispensables à retenir, destinés à acquérir des compétences, et qui pourront être oubliés à terme.
  • Les informations éphémères utiles pour contextualiser, illustrer.

 

Remarques fréquemment entendues

. Une distance doit être prise par rapport aux ouvrages scolaires qui ont souvent connu au cours des dernières décennies une inflation de contenu : un seul auteur est maintenant remplacé par une équipe d’une dizaine, l’ouvrage déborde d’exemples et références à l’instar d’une petite encyclopédie scolaire qui laisse souvent l’élève désemparé. Or on le sait de nombreux enseignants (surtout les nouveaux) utilisent l’ouvrage scolaire comme référence pour la construction de leurs cours.

. La plupart des enseignants ont mauvaise conscience à ne pas tout faire, tout dire, tout traiter. Le programme, le programme ! Quelle est la priorité ? Le boucler, mais mal, ou opérer une sélection mieux apprise ? Certains inspecteurs commencent à préconiser le moins mais mieux (encore rares cependant).