Construire une expérimentation neurosciences cognitives dans la classe

Construire une expérimentation neurosciences cognitives dans la classe

  • Le passage « du labo à l’école » n’est pas encore accompli concernant les sciences cognitives.
  • C’est à chaque enseignant, ou en équipe, de se lancer dans une expérimentation ou une innovation
  • Pour la réussir, 5 conditions sont à respecter.
  • A son terme il est fondamental de faire connaître les résultats : à la direction, à nous-mêmes, à vos collègues.
  • Soyez déterminés et rigoureux !

Aucun laboratoire de sciences cognitives ne fournit « clés en mains » des modalités que le professeur peut appliquer simplement avec ses élèves.

Actuellement, nous savons un grand nombre de choses sur le fonctionnement du cerveau de l’apprenant, mais pour beaucoup, nous ne savons pas encore comment les mettre en œuvre.

Par exemple, les connaissances les plus fiables dont nous disposons sur le fonctionnement du cerveau de l’apprenant :

  • La lutte contre l’oubli et la mémorisation à terme,
  • L’exigence de savoirs pour comprendre,
  • Les conditions permettant aux élèves de retenir le maximum de choses à long terme,
  • Le développement de l’attention,
  • L’importance de l’implication active,

Ne donnent pas encore lieu à des généralisations faute d’avoir été suffisamment testées. Nous ne savons pas encore très bien comment les appliquer dans les classes traditionnelles. Même si déjà de nombreuses applications sont très encourageantes !

Ce sont aux enseignants eux-mêmes d’expérimenter et d’innover, permettant d’identifier le plus rapidement possible ce qui est mieux pour les élèves. Ils expérimentent des pratiques crées par d’autres enseignants, ils innovent en inventant.

Et ils le communiquent afin de collecter le maximum d’informations sur le terrain de la classe.

Pour rendre crédible une pratique novatrice, et pouvoir la partager avec d’autres – c’est une des missions que nous nous donnons de la recueillir et la faire connaître – des conditions simples mais rigoureuses doivent être remplies.

Sinon, vous risquez d’être déçu par votre pratique, et vous direz comme tant d’autres « j’abandonne, ça ne marche pas comme j’avais prévu ! ». Au final, vous ne contribuerez pas à faire progresser le système éducatif, quel dommage !

Comment expérimenter dans les meilleures conditions
Pour se donner toutes les chances de réussir, et parvenir à des résultats fiables et réutilisables pour tous, une expérimentation ou une innovation doivent être conduites avec un minimum de précautions :

  1. S’appuyer sur un fondement théorique sans équivoque. En avoir une idée claire.
  2. Se donner des hypothèses: seront-elles vérifiées ou non, dans quelle mesure ?
  3. Préciser très clairement le déroulé de l’expérimentation : comment vous y prenez-vous ?
  4. Se donner les indicateurs d’observation pour évaluer.
  5. En tirer les conclusions.

Ces cinq axes très simples et indispensables, permettent de cadrer la pratique, un peu comme un chercheur-action, toutes proportions gardées, de s’assurer qu’elle est conduite de façon à pouvoir la réussir et la partager avec les collègues de l’établissement, l’équipe de direction, puis d’en communiquer les résultats avec nous.

Sans être informés de vos pratiques allant dans le sens des sciences cognitives, nous ne pourrons pas progresser ! Soyez nos partenaires !

Un exemple concret
Par exemple, vous décidez d’utiliser le logiciel de mémorisation Anki dans vos cours. C’est la première fois pour vous. Reprenons les 5 axes préconisés. Comment pourrait-on les décliner dans les grandes lignes ? En situation réelle, le projet sera précisément explicité. Il servira d’outil de communication.

  1. Fondement théorique

Les sciences cognitives assurent que pour être acquise à terme, une information doit être :

  1. Reprise plusieurs fois, si possible expansées dans le temps.
  2. En utilisant la mémorisation active.
  3. Le feedback proche.
  4. Et dans l’idéal en individualisant les parcours d’apprentissage des élèves.

C’est ce que proposent les fonctionnalités du logiciel ANKI. Nous allons en tester la faisabilité et l’effet auprès des élèves.

  1. Hypothèses

Nous nous proposons de tester :

  • S’il est réaliste pour le professeur de construire les flashcards, combien et dans quelles conditions.
  • Si l’exercice éventuel de construction par les élèves apporte un « plus » pédagogique et comment on peut l’envisager.
  • Si tous les élèves pourront utiliser Anki chez eux et dans quelles conditions : équipement, rythme, durée.
  • Si des effets sont observables, et lesquels.
  1. Déroulement
  • Plusieurs chapitres de l’année sont ciblés.
  • Une séance d’AP est consacrée à la fabrication de flashcards avec les élèves, et à la manipulation du logiciel.
  • Le professeur élabore les paquets de flashcards et les transmet par messagerie, après s’être assuré que tous les élèves disposent d’une adresse de réception et d’un outil-support.
  • Les élèves seront questionnés de temps en temps sur l’utilisation qu’ils en font (questionnement de confiance)
  • Il sera effectué un ou plusieurs tests pour mesurer l’effet, en corrélant ces résultats avec l’avis que les élèves auront fourni sur l’utilisation d’Anki.
  1. Indicateurs
  • Vous réalisez un ou plusieurs tests de connaissances, programmés ou surprises pour évaluer l’acquisition.
  • Vous établissez une corrélation entre l’utilisation individuelle d’Anki et les résultats des contrôles plus globaux.
  • Vous réalisez une petite enquête d’utilisation et de satisfaction auprès des élèves.
  1. Conclusion

Les points suivants peuvent être réfléchis :

  • Comment réguler cette pratique, l’améliorer, parer aux défauts observés ?
  • Si vous l’avez pratiquée avec plusieurs collègues, comparer les avis.
  • Si vous poursuivez l’expérience, allez-vous confier aux élèves le soin d’élaborer certains paquets de flashcards ?
  • Quelles compétences allez-vous développer chez les élèves à partir d’Anki pour accroître encore leur performance, leur technique d’apprentissage, leur autonomie ?

Etc.