Conseils de mise en oeuvre dans votre environnement scolaire

Conseils de mise en oeuvre dans votre environnement scolaire

Les questions l’on entend le plus fréquemment …

 

Quel degré d’expertise est nécessaire en sciences cognitives pour se lancer dans une Cogni’Classe ?

. Ne démarrez pas sans un minimum de « filet de sécurité » théorique.

. Si vous ne pouvez pas bénéficier d’une formation en établissement ou académique, dirigez-vous sur les différents menus de notre site, il est conçu à cet effet : SE FORMER, COGNI’CLASSES, RELAIS RESSOURCES.Vous y trouvez :

  • Des fichiers sur un grand nombre de thèmes relatifs aux sciences cognitives de l’apprentissage ;
  • Des modules vidéo de présentation pour les adultes et pour les élèves
  • Une bibliographie

 

Doit-on dire « neurosciences », « sciences cognitives », « neurosciences cognitives », « neuroéducation », etc…

Le terme le plus général est « sciences cognitives », rassemblant plusieurs disciplines, dont les neurosciences. Les « neurosciences » concernent l’étude du système nerveux sans sa globalité, dont le cerveau occupe certes une part importante, mais avec une dimension biologique forte et l’utilisation de techniques variées dont la neuro-imagerie.

Nous conseillons d’éviter le terme « neurosciences », trop connoté technique et prompt à lever des réactions parfois vives, tranchées et difficiles à gérer. Certes le terme de neurosciences est à la mode, il fait vendre médias et ouvrages… Soyons prudents en l’utilisant.

Les autres termes peuvent convenir mais sont proches de disciplines larges telles que la psychologie, l’éducation, etc.

Nous préférons finalement l’intitulé « neurosciences cognitives » plus proche des préoccupations de la cognition de l’apprenant, dans un cadre scientifique rigoureux.

 

Introduire des pistes nouvelles génère-t-il un important investissement de la part des enseignants ?

Il serait malhonnête de ne pas dire le contraire ! Il y a d’abord l’investissement en temps : se former, préparer des supports de mémorisation, se familiariser avec des outils numériques nouveaux, etc. Et l’investissement personnel : fonctionner au sein d’une équipe, ajuster des pratiques, oser innover. A l’enthousiasme s’associe souvent une petite prise de risque.

Ce que nous conseillons est de ne pas ouvrir toutes les pistes simultanément. Travaillez-en une ou deux, puis avancez pas à pas, observez, tâtez le terrain, et progressez tout au long de l’année. C’est ainsi que fonctionnent nos meilleurs projets, parfois même sur plusieurs années.

 

Est-il besoin de se concerter fréquemment avec les collègues du projet ?

Pas autant qu’il n’y paraît. Un bon projet au départ vaut mieux de que des réunions régulières, chronophages et difficiles à organiser. Préférez les contacts par messagerie. Mais ménagez 3 ou 4 réunions au cours de l’année. Si possible avec un représentant de la direction de l’établissement.

 

Comment se comportent généralement les élèves ?

Si vous les impliquez en leur expliquant le fonctionnement de leur cognition, et si vous mettez en place des mesures de leurs progrès, ils seront vos complices du changement, généralement très enthousiastes.

Une précaution importante est de ne pas les stigmatiser : « la Cogni’Classe », ce n’est pas pour les nuls ! Mais leur expliquer qu’ils ont la chance de pouvoir bénéficier de pédagogies un peu à l’avant-garde, qu’il leur reviendra aussi d’optimiser, et que peut-être ils participeront à faire progresser la manière d’apprendre.

Et surtout ne jamais leur laisser entendre qu’ils sont des cobayes !

 

Faut-il prévenir les familles ?

Il est conseillé de ne pas claironner la création d’une Cogni’Classe, au moment des inscriptions ou en début d’année scolaire, qui serait pilote dans l’établissement. D’abord pour ne pas stigmatiser les élèves et les parents, qui pourraient s’imaginer que les élèves vont vivre une miraculeuse révolution pédagogique, ou que cette classe est destinée à sauver des élèves en grande difficulté. Donc être très prudents sur l’annonce.

En revanche, être clair avec les élèves, que l’on avertira dès le début du projet sur certaines modalités d’enseignement qui vont changer, en s’appuyant sur leur formation à leur cognition, si possible filée dans le temps. Ces modalités seront mises en place au fil des semaines.

Les familles seront informées quelques temps après la rentrée, par des professeurs du projet. Les élèves pourront être sollicités pour expliquer devant les parents, quelques éléments du fonctionnement du cerveau qui apprend, en présentant les pratiques correspondantes en classe.

Rassurer, expliquer que quoi qu’il en soit, ces avancées pédagogiques vont dans le sens d’aider les élèves à réussir. En aucun cas ce sont des cobayes, répétons-le !

 

Risquons-nous d’être déçus des résultats ?

L’enthousiasme est toujours grand au départ. Les pistes des neurosciences cognitives n’apportent pas la révolution, ce serait un neuromythe de le croire. Comme dans toute expérimentation, selon le public, le dynamisme de l’équipe initiatrice du projet, les pistes choisies, les résultats sont en décalage par rapport à l’attente, dans les deux sens. Des constats positifs que l’on n’attendait pas. Et des déceptions. C’est normal, dans tout changement de pratique, l’avancée s’effectue à pas lent, il faut que les choses s’installent. Dans tous les cas, il faut poursuivre dans la durée.

 

Faut-il composer des classes d’élèves en difficulté pour constituer une Cogni’Classe ?

Il est conseillé de démarrer le projet sur une classe « normale ». A la période délicate de la mise en route de nouvelles pratiques, ne doit pas s’ajouter des difficultés importantes d’élèves. La déception risquerait d’être grande en produisant une mauvaise image des techniques pédagogiques, quasiment irréversible. Et un retour peu positif sur l’initiative, vis-à-vis de tous.

 

Comment convaincre les autres collègues de l’établissement ?

On ne convainc pas par la parole, mais par la preuve. C’est au terme de quelques mois, voire au terme de l’année que les observations et les résultats seront présentés aux collègues volontaires. Une petite présentation sur les sciences cognitives peut être proposée. Un débat peut s’engager.

 

©Equipe Sciences cognitives, Comment Changer l’Ecole