Classe sciences cognitives au Lycée JJR – Montmorency (95)

Classe sciences cognitives au Lycée JJR – Montmorency (95)

 

 

Mise en place dans une classe de 2nde de stratégies pour aider les élèves à la mémorisation dans les différentes matières et d’application de plusieurs axes de sciences cognitives. En particulier :

  • Entraînements à la mémorisation, mémorisation en classe, utilisation d’un logiciel de mémorisation à parcours individualisé
  • Adaptation du rythme des évaluations, préparation des évaluations, base de coordination, mise en confiance
  • Développement de l’implication active et de l’autonomie avec le travail en îlots.
  • Formation des élèves à leur métacognition

L’expérience s’est déroulée avec la plus grande partie de l’équipe pédagogique, avec le soutien de l’équipe de direction. Les résultats sont nettement positifs et l’équipe s’engage à reconduire l’expérience en l’améliorant.

 

Qu’est-ce qu’une classe orientée sciences cognitives ?

Trois principales caractéristiques :

  • Une partie (la plus grande possible) de l’équipe pédagogique de la classe est concernée et harmonisent leurs pratiques inspirées des sciences cognitives.
  • Dans ce témoignage, tous les professeurs de l’établissement avaient été sensibilisés par une conférence sur le thème « Neurosciences cognitives et apprentissage », puis quelques-uns avaient bénéficié d’un stage établissement sur « Sciences cognitives et outils de mémorisation » par des formateurs habilités de l’Académie de Versailles, membres de l’équipe du conférencier, Jean-Luc Berthier.
  • Le projet est multi-dimensionnel portant sur plusieurs axes complémentaires, et se déroule sur l’ensemble de l’année.

Le texte qui suit présente le bilan de l’année 2015-2016.

 

Contexte de l’initiative

Le projet se déroule au Lycée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, et porte le titre « Savoir apprendre, sciences cognitives et outils de mémorisation ». Il est mis en œuvre par les professeurs d’Histoire-Géographie (coordonnatrice du projet), Sciences Physiques, Mathématiques, Anglais, Français.

Le public est globalement favorisé mais certains indicateurs sont préoccupants : résultats aux examens inférieurs aux attendus, effectif croissant de la population très défavorisée, doublement des boursiers en cinq ans. D’où la nécessité de développer de nouvelles modalités pédagogiques pour réduire la fracture scolaire.

L’expérimentation se déroule dans une classe de seconde classique dans laquelle les élèves n’ont pas été choisis.

Les professeurs se sont presque tous choisis pour constituer l’équipe.

Le projet a reçu l’accord et le soutien de l’équipe de direction.

En fin de document sont annexés 4 documents :

Annexe 1 : Exemples de bases de coordination en histoire-géographie et en sciences physiques

Annexe 2 : enquête du 22 janvier 2016 avant une évaluation de françai

 

Constat de départ

  • Déficit lié aux capacités attentionnelles, préjudiciable à la rétention.
  • Déficit dans la précision et l’amplitude du vocabulaire et des concepts tant courants que spécialisés.
  • Difficultés de mémorisation à long terme.
  • Absence de technique de mémorisation active et de ciblage des essentiels.
  • Absence de stratégies de préparation aux évaluations, entraînant mal-être et représentation négative de soi.
  • Absence de métacognition.

 

Liste des axes communs choisis par l’équipe

  1. Phase de réactivation en classe
  2. Information des élèves sur leur cognition
  3. Utilisation d’un logiciel de mémorisation ANKI
  4. Travail en îlots
  5. Base de coordination
  6. Eléments d’EPCC pour les évaluations
  7. Entraînement sur les outils et les pratiques en séances d’AP
  8. Développer les capacités attentionnelles

 

Objectifs prioritaires

  • Expliquer aux élèves comment fonctionne leur cognition pour apprendre.
  • Développer des capacités attentionnelles et mnésiques par des activités et des rythmes pédagogiques adaptés.
  • Renforcer l’acquisition d’éléments sémantiques, méthodiques et procéduraux.
  • Développer une autre représentation de l’élève face à l’acte d’apprendre : confiance en soi et goût d’apprendre.
  • Mettre en place une organisation qui limite la fracture scolaire.

 

Récit de l’action

Dans les différentes disciplines engagées :

  • Mémorisation en classe: réactivation régulière (sous forme d’interrogation orale avec ou sans le logiciel Anki, de mimes en Anglais).
  • Mémorisation en classe par la relecture de la trace écrite en silence ou à voix basse en ciblant les essentiels.
  • Mémorisation active: paquets de cartes Anki donnés aux élèves pour qu’ils puissent s’entraîner chez eux. Conception de certains paquets avec eux.
  • Mémorisation expansée: évaluations en respectant la courbe de l’oubli.
  • Travail en îlots.

En Accompagnement personnalisé :

  • Découverte du fonctionnement cognitif par l’élève.
  • Développement de l’attention.
  • Entraînement à la mémorisation.

Freins et difficultés rencontrés

  • Difficultés techniques: certains élèves n’avaient pas de connexion internet, d’ordinateur. Accès internet aléatoire dans l’établissement.
  • Difficultés liées à la motivation: certains élèves n’ont pas procédé à la réactivation régulière avec ou sans Anki.
  • Difficultés liées au niveau des élèves: mémorisation en classe rendue parfois difficile en français par la lenteur de certains élèves pour écrire le cours. Par ailleurs, le niveau de la classe notamment en Français et en Mathématiques était faible d’où une progression parfois laborieuse et un décalage entre la mémorisation de notions et leur transfert.
  • Difficultés liées au calendrier: l’organisation des évaluations en fonction de la courbe de l’oubli a été difficile à maintenir à partir du mois de mars.

 

Bilan et évaluation de l’action

Suivi du projet :

  • Le protocole tel que défini au départ par l’équipe a été respecté tout au long de l’année.
  • Les élèves ont parfaitement joué le jeu : questionnaires réguliers donnés aux élèves (rythme de réactivation, stratégies, difficultés liées au projet…).

Un bilan positif pour :

  • Bon climat de classe.
  • Le projet a réconcilié certains élèves avec la discipline Français.
  • La confiance des élèves en eux-mêmes : les bases de coordination ont été très bien accueillies et ont permis aux élèves de cibler leurs apprentissages pour les évaluations. Développement d’une autre relation à l’évaluation notamment pour les élèves les plus émotifs et les plus faibles.
  • Le travail en îlots: les élèves ont vite pris l’habitude de travailler en groupe. L’équipe utilisant les mêmes consignes, les élèves ont adhéré à ce mode de travail et ont développé de l’autonomie dans leur organisation (notamment grâce à l’attribution de rôle précis au sein du groupe).
  • La mémorisation en classe a permis l’acquisition d’éléments sémantiques fiables et des effets bénéfiques ont été constatés dans le transfert aux évaluations individuelles en Histoire-Géographie, en Sciences Physiques et en Anglais pour les élèves qui ont utilisé les outils proposés.
  • La réactivation en classe a permis aux élèves au-delà de la mémorisation de se rendre compte de leurs difficultés de compréhension et de poser des questions pour une remédiation par l’enseignant.
  • Certains élèves ont acquis de nouvelles méthodes de travail et sont devenus plus autonomes et plus actifs dans leurs apprentissages.
  • La classe a acquis avec satisfaction des connaissances sur le fonctionnement cognitif de leur cerveau.

 

Effets constatés sur la pratique des enseignants

  • Travail en équipe positif.
  • Meilleur ciblage des évaluations grâce aux bases de coordination.
  • En Français, évolution de la progression pour réactiver les notions tout au long de l’année.
  • En Histoire-Géographie et en Sciences Physiques : transfert de nouvelles modalités pédagogiques dans les autres niveaux (utilisation du logiciel Anki avec les classes 1ère et les Terminale, mémorisation et sub-vocalisation en classe de TS).

 

Perspectives

Reconduction du projet à la rentrée prochaine avec une nouvelle classe de 2nde :

  • Développement d’exercices sur l’attention, la concentration.
  • Développement de l’autonomie des élèves dans la conception des cartes Anki ou la construction des bases de coordination.
  • Insister davantage sur les vertus de l’apprentissage espacé pour en finir avec l’apprentissage massé et peu efficace sur le long terme.
  • Suivre davantage la réactivation via Anki des élèves (taux d’erreurs, fréquence…)
  • Dédoublement d’une des deux heures d’AP pour permettre de tisser davantage de liens entre les apports théoriques sur la mémoire et les différentes disciplines, s’entraîner à la réactivation, accompagner les élèves avec Anki.

 

Annexe 1 : Exemples de bases de coordination en histoire-géographie

Définition d’une base de coordination :

  • Document permettant aux élèves de cibler les savoirs et savoir-faire, à maîtriser pour les évaluations
  • C’est le document de base du Contrat de confiance (référence EPCC)
  • C’est un outil d’auto-évaluation pour l’élève, qui doit pouvoir mesurer dans quelle mesure il sait ou ne sait pas

Il est possible d’adjoindre une rubrique « travail personnels et conseils précis de préparation ».

Annexe 2 : Enquête du 22 janvier 2016 : utilisation des paquets ANKI dans la discipline français sur 34 élèves présents.

Rappel sur ANKI :

  • Il s’agit d’un logiciel de mémorisation, à parcours individualisé
  • Fonctionne à partir de paquets de cartes d’interrogation, qu’en général le professeur rédige et met à disposition des élèves
  • L’envoi se faire aisément par messagerie
  • Le logiciel est open et se télécharge en quelques secondes sur Internet

Objet de l’enquête :

  • Savoir si les élèves utilisaient le logiciel Anki chez eux
  • Savoir comment ils l’ont utilisé, la fréquence d’utilisation

Une corrélation est établie entre le résultat de l’enquête et les résultats des élèves (comportement scolaire en classe, notes, etc.)

©Equipe Sciences cognitives, Comment Changer l’Ecole