L’expérimentation du mois

L’expérimentation du mois

Cogni’classe au Lycée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency (95).

Une grande partie de notre travail consiste à initier, mettre en place et suivre des expérimentations et innovations pédagogiques dans le maximum de collèges et lycées, utilisant les données des sciences cognitives.

Il est l’heure de passer du « labo à la classe » avec des publics les plus divers possibles, et de collecter les résultats en vue de généraliser les bonnes pratiques.

Depuis 3 années, ce sont plus de 30 projets qui ont vu le jour. Chaque mois, nous en décrivons un, significatif. La rubrique « TEMOIGNER » du site en présente d’autres qui peuvent vous inciter à vous lancer dans ce type de démarches.

 La description détaillée de la présente expérimentation figure dans la rubrique TEMOIGNER du site, sous le titre « Classe sciences cognitives Lycée JJR Montmorency (95) ».

  

« Classe Orientée Sciences Cognitives »

Lycée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency (95)

Début de l’expérimentation : septembre 2015

Après une année de résultats très positifs, l’équipe initiatrice poursuit son action sur l’année 2016-2017, en l’améliorant.

Le lycée Jean-Jacques Rousseau accueille un petit millier d’élèves de filières générales. Les enseignants avaient assisté quelques mois auparavant à une conférence sur « Neurosciences cognitives et apprentissage ». Plusieurs enseignants et l’équipe de direction ont souhaité mettre en place une formation sur mesure sous la forme d’un stage d’une demi-journée, conçu pour prolonger les interventions et aider les professeurs volontaires à construire leur projet. Ce stage était animé par deux formateurs académiques Daphné Jacamon et Frédéric Guilleray, membres de notre équipe.

Très rapidement une équipe pédagogique quasiment complète a décidé de s’accorder sur plusieurs axes menés conjointement dans la classe, et tout particulièrement les professeurs de :

. Histoire-Géographie

. Physique-Chimie

. Mathématiques

. Anglais

. Français

Le professeur d’histoire-géographie a accepté de coordonner le projet et d’en suivre les résultats tout au long de l’année.

Il est important de souligner que l’équipe de direction a été très ouverte, a apporté son soutien (sans pour autant accorder des moyens particuliers car cela n’était pas nécessaire). Le projet a été validé par la Mission académique à l’innovation.

Les élèves n’étaient pas prévenus du projet, de même que les familles.

 

Les axes pédagogiques communs

  • Resserrement des exigences de mémorisation autour d’essentiels très clairement pointés pour les élèves (base de coordination).
  • Construction par les élèves de fiches de mémorisation.
  • Mise en place du logiciel de mémorisation ANKI et réalisation des paquets de flascards par les enseignants. Suivi de l’utilisation par les élèves.
  • Formation des élèves à leur métacognition en séances d’AP, au moyen de visuels ad hoc. Les professeurs sensibilisent les élèves sur le fonctionnement de leur cognition.
  • Introduction en classe de petites séquences de mémorisation (principe de l’apprentissage initial massé)
  • Adaptation du rythme des évaluations, application de préconisations de l’EPCC (Evaluation par contrat de confiance)
  • Développement de l’implication active et de l’autonomie avec le travail en îlots.

  

Qu’est-ce qu’une classe orientée sciences cognitives ?

En 2016-2017, nous développons cette formule sur 10 établissements. Les caractéristiques en sont les suivantes :

  • Une partie (la plus grande possible) de l’équipe pédagogique de la classe est concernée et harmonisent leurs pratiques inspirées des sciences cognitives.
  • Le projet porte sur plusieurs axes issus des données des sciences cognitives (au choix de l’équipe) et se déroule sur l’ensemble de l’année.
  • Le projet reçoit l’accord de l’équipe de direction et l’un des professeurs assure la coordination.
  • Information des familles quelques semaines après la rentrée (acceptation unanime)

 

Constat de départ établi en début d’année scolaire

  • Déficit lié aux capacités attentionnelles, préjudiciable à la rétention.
  • Déficit dans la précision et l’amplitude du vocabulaire et des concepts tant courants que spécialisés.
  • Difficultés de mémorisation à long terme.
  • Absence de technique de mémorisation active et de ciblage des essentiels.
  • Absence de stratégies de préparation aux évaluations, entraînant mal-être et représentation négative de soi.
  • Absence de métacognition.

 

Bilan et évaluation de l’action au terme de l’année 2015-2016

Suivi du projet :

  • Le protocole tel que défini au départ par l’équipe a été respecté tout au long de l’année.
  • Les élèves ont parfaitement joué le jeu : questionnaires réguliers donnés aux élèves (rythme de réactivation, stratégies, difficultés liées au projet…).

 

Un bilan positif :

  • Bon climat de classe (en grande partie imputable au projet)
  • Le projet a réconcilié certains élèves avec la discipline Français.
  • Augmentation de la confiance des élèves en eux-mêmes : les bases de coordination ont été très bien accueillies et ont permis aux élèves de cibler leurs apprentissages pour les évaluations. Développement d’une autre relation à l’évaluation notamment pour les élèves les plus émotifs et les plus faibles.
  • Le travail en îlots: les élèves ont vite pris l’habitude de travailler sous cette modalité, plus élaborée que le simple travail en groupe. L’équipe utilisant les mêmes consignes, les élèves ont adhéré unanimement et ont développé de l’autonomie dans leur organisation (notamment grâce à l’attribution de rôle précis au sein du groupe).
  • La mémorisation en classe a permis l’acquisition d’éléments sémantiques fiables et des effets bénéfiques ont été constatés dans le transfert aux évaluations individuelles en Histoire-Géographie, en Sciences Physiques et en Anglais pour les élèves qui ont utilisé les outils proposés.
  • La réactivation en classe a permis aux élèves au-delà de la mémorisation de se rendre compte de leurs difficultés de compréhension et de poser des questions pour une remédiation par l’enseignant.
  • Certains élèves ont acquis de nouvelles méthodes de travail et sont devenus plus autonomes et plus actifs dans leurs apprentissages.
  • La classe a acquis avec satisfaction des connaissances sur le fonctionnement cognitif de leur cerveau.

 

Freins et difficultés rencontrés

  • Difficultés techniques: certains élèves n’avaient pas de connexion internet, d’ordinateur. Accès internet aléatoire dans l’établissement.
  • Difficultés liées à la motivation: certains élèves n’ont pas procédé à la réactivation régulière avec ou sans ANKI.
  • Difficultés liées au niveau des élèves: mémorisation en classe rendue parfois difficile en français par la lenteur de certains élèves pour écrire le cours. Par ailleurs, le niveau de la classe notamment en Français et en Mathématiques était faible d’où une progression parfois laborieuse et un décalage entre la mémorisation de notions et leur transfert.
  • Difficultés liées au calendrier: l’organisation des évaluations en fonction de la courbe de l’oubli a été difficile à maintenir à partir du mois de mars.

 

Perspectives et suite

Reconduction du projet à la rentrée prochaine avec une nouvelle classe de 2nde avec amélioration visée sur :

  • Développement d’exercices sur l’attention, la concentration.
  • Développement de l’autonomie des élèves dans la conception des cartes ANKI ou la construction des bases de coordination. Meilleur suivi de l’utilisation d’ANKI.
  • Insister davantage sur les vertus de l’apprentissage espacé pour en finir avec l’apprentissage massé et peu efficace sur le long terme.
  • Dédoublement d’une des deux heures d’AP pour permettre de tisser davantage de liens entre les apports théoriques sur la mémoire et les différentes disciplines, s’entraîner à la réactivation, accompagner les élèves avec ANKI.
  • Accroissement de la technique des îlots.

 

Pour toute information complémentaire et souhait de monter un projet analogue :

 contact@sciences-cognitives.fr

 

 


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